LEGALIZE BASILIC

Si toutes celles et ceux qui ont déjà consommé du cannabis le disaient ouvertement et en assumaient les conséquences pénales, il faudrait recouvrir le pays de prisons. Si toutes les personnes qui ont déjà essayé de faire germer une graine de marijuana soutenaient Dominique Broc à son procès, la ville de Tours serait pleine d’embouteillages. Si tous les hommes et femmes politiques qui ont déjà fumé un pétard se joignaient à la réflexion du député socialiste Daniel Vaillant, son groupe de travail serait sûrement le plus suivi de l’Assemblée nationale. Dans ces conditions, le plus simple et le plus honnête ne serait-il pas de faire évoluer la législation ?

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CONTEXTE
La prohibition du cannabis, telle qu’elle est traduite dans la loi actuelle, date des années 1970. Elle pénalise lourdement les producteurs et les consommateurs, même si les peines prononcées sont souvent très en deçà des peines théoriques. Cela n’a pas empêché la multiplication des Cannabis Social Clubs (associations d’usagers qui cultivent pour leur propre consommation). Une peine de huit mois avec sursis et 2500€ d’amende a été prononcée aujourd’hui contre leur porte-parole Dominique Broc.
Le gouvernement s’est opposé à toute évolution de la législation, ce qui n’empêche pas Manuel Valls d’expérimenter la «contraventionnalisation» [lien abonné]. Fin mars, le député socialiste Daniel Vaillant a de son côté annoncé la création d’un groupe de travail à l’Assemblée nationale sur l’usage thérapeutique du cannabis.
Une actualisation de législation dans le sens d’un assouplissement irait dans le sens des évolutions actuelles aux États-Unis (légalisation de l’usage thérapeutique ou même récréatif) et dans plusieurs pays européens (en particulier le Portugal).

LEGALIZE BASILIC
Paroles et musique : la Parisienne Libérée

Il y en a dans les placards
Et dans les salles de bains
Il y en a sous les plumards
Dans les cuisines et les jardins

Dans les arrière-boutiques
Dans les vieux corps de ferme
Dans les résidences chics
Dans les salons, les HLM

Legalize basilic (×4)
Et toutes les plantes aromatiques !


Depuis l’interdiction
De la soupe au pistou
Il y a trop de marmitons
Qui font des menus fous

Pasta au verre pilé
Et tomates au cirage
Mozzarelle au henné
Il y a même du pneu dans le potage

Legalize basilic (×4)
Et toutes les plantes aromatiques !


Pendant que les fauchés
Font le pied de grue tout l’hiver
Épiciers désignés
D’un quotidien austère

Livrés à domicile
Les bourgeois tranquillement
Goûtent aux effets subtils
Des joies du condiment

Legalize basilic (×4)
Et toutes les plantes aromatiques !


Pour faire mine de lutter
Contre l’Herbe Royale
Partout on a planté
La Police Nationale

Imparable logique
De la sécurité
Qui finance des trafics
Pour mieux les démanteler

Legalize basilic (×4)
Et toutes les plantes aromatiques !



En résine, infusions,
Ou à la croque au sel
En gâteaux, en potion
Un conseil essentiel

Toutes les cuisinières
Vous diront la même chose
En matière culinaire
L’important c’est la dose…

Legalize Basilic
Y’en a assez d’être hypocrites
Legalize Basilic
Priorité de santé publique

Legalize Basilic
Trop de prisons, trop de trafic

Legalize Basilic
Changeons les lois anachroniques

Y’en a assez d’être hypocrites
Legalize Basilic
Priorité de santé publique

Legalize Basilic
Et toutes les plantes aromatiques.
Legalize Basilic
Legalize Basilic

Et toutes les plantes aromatiques
Legalize Basilic
Y’en a assez d’être hypocrites

Legalize Basilic !

6 réflexions au sujet de « LEGALIZE BASILIC »

  1. 1internaute

    On retrouve les vieux clichés d’une certaine gauche… J’ai un ami artiste qui est devenu bipolaire pour s’être fait « violer » par les us et coutumes imbéciles de ce milieu. Il s’agissait de « shit », de hashish coupé avec dieu sait quoi, et consommé régulièrement avec de l’alcool. Regardez les documentaires les plus pointus sur le cannabis. Sciences Vies a fait un bon article aussi. Plus on en prend jeune, plus on est atteint psychiquement. Le cannabis seul peut aussi provoquer la schizophrénie. Il faut prévenir les gens: Arrêtez de jouer avec le feu.

  2. claude

    Bien que j’aie eu 20 ans en 68 (variante : parceque j’ai eu 20 ans en 68 et que donc je ne les ai plus depuis belle heurette) je ne suis pas aujourd’hui adepte de la marie-jeanne (I prefer dame-jeanne) et mes herbes de prédilection s’appellent thym, romarin, origan et estragon (une plante qui se béquette en attendant Godot).
    Aussi, merci d’avoir, sans ostracisme, plaidé également la cause du basilic (originaire de Saint-Denis, si j’en crois la RATP) et de toutes les plantes aromatiques.

  3. Maks

    Pour 1internaute : on retrouve là le vieux cliché du « il parait que », « à la télé ils disent que ». Bien sûr, le cannabis est à proscrire pour les adolescents. Mais il est aussi à prescrire pour bien des affections médicales.
    Quand vous parlez de l’article de « Sciences & Vie » (complètement subjectif), on parle bien du même magazine scientifique qui n’a pas de mauvaise conscience à passer en page 4 de la même édition une pub en forme d’article ventant les bienfaits des produits pseudo-bio de MacDO ? Ce magazine aux gros titres chocs tellement vendeurs ? Ce « Paris-Match » de la science ?
    Bien sûr, le cannabis n’a bien que des bienfaits. Mais il n’a pas non plus tous les mauvais côtés que les vieux clichés de droite affirment…
    Il faut prévenir les gens ? Tout à fait d’accord. Sur les bienfaits comme sur les méfaits. Il faut mettre en place une véritable politique de prévention, basée sur des arguments plus solides que « c’est de la drogue, c’est de la merde ». Car quel est le résultat ? Les jeunes essayent, et se rendent compte qu’on leur a menti, que cette plante n’a rien de diabolique. Du coup, ils pensent que tout le reste est aussi mensonger, alors ils consomment sans modération, du cannabis, de l’alcool, et d’autre drogues. Après tout, on leur a bien menti sur le canna, alors pourquoi croiraient-ils le reste ?
    En faisant l’apologie de la prohibition hypocrite actuelle à partir d’un exemple extrême, qui fait intervenir d’autres produits, et présenté à votre sauce, c’est vous qui jouez le feu.
    Ne venez pas vous plaindre quand vos enfants, à 14 ans, comprendront que vous leur avez raconté des conneries…

  4. Maximilien 78

    Merci encore pour nous rappeler à l’ordre de la raison chère LPL . Car la drogue, encore plus nocive de la désinformation quotidienne orchestrée par les médias, finit par enfumer même les plus réticents à la propagande de l’ordre dominant .
    Tout à fait d’accord avec Maks, la réalité est toujours objectivement plus complexe et les simplifications abusives toujours plus faciles et plus médiatiquement payantes quand on est au service d’un ordre répressif et qu’on a le souci de ne pas trop faire d’efforts pour embrasser la complexité des choses.

  5. Miudo

    Merci beaucoup !
    Souvent je me dis que c’est la prohibition et la criminalisation qui rendent les jeunes consommateurs de « basilic » skyso ou parano. Car les premiers usages sont bien souvent synonyme de relaxation, de complicité affectives, de rencontres festives… c’est criminel ça ?
    Les bienfaits du « basilic » sont nombreux : usages récréatifs, culinaires, médicinaux, textiles, constructifs, croissance rapide qui en fait un excellent puits de carbone…
    La criminalisation induit le secret, le mensonge, la clandestinité, la stigmatisation, et nourrit le développement d’un commerce parallèle qui, lui, est souvent lié à la grande criminalité (parce que la prohibition en fait une manne financière pour les narco-trafiquants qui disposent des réseaux pour en assurer une distribution illégale…)
    C’est cela qui plonge les jeunes usagers dans la culpabilité, le doute, la skyzophrénie ou la paranoïa… c’est cela qui crée le pont vers la petite criminalité…
    Il faut expliquer aux enfants ce qu’est le « basilic », les méfaits liés aux abus, et les bienfaits d’un usage raisonné et mature.
    En aucun cas il ne faut enfermer cette plante dans une stigmatisation diabolisante.
    La diabolisation par une informations caricaturales induit le secret et le silence : clandestinité, isolement dans « l’entre sois », consommation compulsive, fuite, frustration, rébellion stérile… Cela se combine dangereusement à l’attrait de « l’argent facile »…
    Légalisation et informations objectives favorisent le dialogue, l’échange, la responsabilité et favorisent un usage informé, sensé et responsable… en plus, elle détruit immédiatement le pont qui existe actuellement avec la criminalité organisée.

    Par ailleurs, légaliser le « basilic » prive immédiatement les réseaux mafieux d’une rentre qui se chiffre de nos jours à plus d’un milliard d’Euros par an !!!
    (http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/RapportBlanchimentTraficCannabis.pdf)

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